La commune d’Aucelon partage avec celle de Pennes-le-Sec un vaste amphithéâtre (30 km2) dont elle occupe les versants méridional et oriental.

Son terroir, où le dénivelé dépasse le kilomètre, est en forte pente : la tradition rapporte que les faucheurs devaient s’encorder pour éviter, en cas de glissade, de se blesser avec une faux tranchante comme un rasoir. On prétend même qu’il fallait attacher les plus grosses courges pour qu’elles ne roulent pas en contrebas !

On peut y distinguer trois étages. Au sommet, la Montagne d’Aucelon étire sa longue crête couverte de pelouse, à plus de 1200 m d’altitude. Une succession de serres étroits découpe la zone médiane. Sur chaque replat s’était installée une ferme isolée : Noyaret, Champ Novi, La Blachette, le Poux, la Conche... Au centre, le village, perché sur une crête exiguë, occupe un site magnifique. Au fond de la vallée, se creuse une gorge profonde où deux sources intermittentes évacuent un volume d’eau abondant en période de fortes pluies.
Les plus anciens vestiges de l’occupation humaine ont été vus au quartier des Gros qui constitue un curieux appendice de la commune sur la rive gauche de la Roanne. Il y avait là un habitat préhistorique, auquel succéda une villa gallo-romaine.Au moyen âge, on connaît, dès 1168, une famille d’Aucelon. Plusieurs de ses membres, Hugo, Jean, Rostaing, Francis, durent jouer un rôle non négligeable dans l’histoire de Die au cours du 13e siècle : ils sont régulièrement garants ou témoins des chartes de franchises accordées par les évêques successifs aux habitants de la cité. Cette famille, peut-être propriétaire de la terre à l’origine, était sous la suzeraineté des Artaud, seigneurs d’Aix : en 1211, ces derniers font hommage d’Aucelon au comte de Valentinois Aymar de Poitiers.

Aucelon, proche de Die par les chemins de la montagne, passa quasiment tout entier à la Réforme. En 1644, la paroisse comptait une centaine de familles protestantes et seulement deux catholiques. Le fief, qui appartenait aux Brottins depuis 1594, fut acheté, pour 13 500 livres, par les Alléou en 1662. Les Caritat en héritèrent en 1720 : Aucelon eut, comme dernier seigneur, la famille du fameux marquis de Condorcet, mathématicien et philosophe, qui joua un rôle éminent dans la préparation et les premières années de la Révolution. Au 19e siècle, le village, où le pasteur Jean -Frédéric Vernier fonda une bibliothèque populaire sous Louis-Philippe, fut l’un des centres des Réveils protestants.

La commune, qui groupait près de 500 habitants au début du 19e siècle, se maintient au-dessus de 400 jusqu’en 1850, et passe sous la barre des 200 avec le 20e siècle. Son déclin démographique s’est poursuivi jusqu’à nos jours. Mais si le village ne conserve l’hiver qu’une pincée d’habitants permanents, il connaît aussi une belle animation estivale.

 

Superficie: 2634 ha

Population

1990 : 18

1982 : 21

1811 : 466 (maxi)

 

Résidences principales : 6

Résidences secondaires: 21

Activités : une seule exploitation agricole (élevage ovin, lapins), une 2e en cours de constitution La Bible (porte du temple).

 

 

 

 

 

 

(1)  Ferme perchée du Colombier, site surplombant les confluents de la Brette et de l'Aucelon.

(2)  Résurgences temporaires de l'Autonnière et de Fontaine Clémence, accessibles seulement aux spéléologues confirmés.

(3)  Village d'Aucelon : emplacement du château féodal sur une motte vieilles maisons, linteaux datés (début du19e siècle), linteau décoré d'un coeur, linteau décoré d'une spirale temple protestant avec clocheton, bible en relief au dessus du portail emplacement de l'église Saint -Jacques déjà ruinée en 1644.

(4)  Pylone de télécommunications militaires.

(5)  Cimetières familiaux protestants.

 

 

Les textes sont extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de l'Association Route de la Vallée de la Roanne avec l'autorisation de Jacques Dujet président de l'office du tourisme de la vallée.
Textes de:
Jean-Noël Couriol
Annie Friche
Jacques Barlet
Conception, saisie, maquette du livre:
Histoire et patrimoine Dromois
la Lombardière 26400 Beaufort-sur-Gervanne
04 75 76 43 29
Photographie livre: Jean-Noël Couriol

Photographie site internet: Fabrice Blache
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet

 

Aucelon