La commune de Gumiane s’étend le long de la haute vallée de la Roanne, qui prend sa source sur la commune voisine d’Arnayon, à 1200 m d’altitude.

Au sud, l’anticlinal de calcaire tithonique d’Angèle descend en pente relativement modérée vers les gorges de l’Eygues. Mais au nord, au-dessus de Gumiane, il a été complètement éventré par l’érosion. Ainsi s’explique ce massif trapu, rectiligne, dont les falaises dominent la rivière de plus de 800 m. Ce versant froid, humide, longtemps enneigé l’hiver, est riche en sources aux noms pittoresques : Font Salar, La Sapine, Fontaine du Court Pas, Font Leyronne, Fontaine du Buis... A ses pieds se développe, dans les « marnes bleues », un relief confus de croupes et de bad-lands.

Le territoire de Gumiane, lieu de passage obligatoire entre Diois et Baronnies, a livré des tuiles romaines, une monnaie de l’empereur Gordien (3e siècle) près de la Haute Gumiane, une tombe en lauzes, avec une poterie médiévale, au cimetière.

Le fief dépendait à l’origine des comtes de Diois et des Isoard d’Aix. Au 14e siècle, il appartint successivement aux princes d’Orange et à la famille de Baux. Il passa au 16e siècle aux Brotin, puis aux d’Eurre et fut finalement acheté en 1750 par les Verdeilhan des Fourniels.

 

Sous l’ancien régime, la communauté de Gumiane englobait la paroisse de Léoux, sous le vocable de Saint-Michel. En 1653, elle fut elle-même provisoirement réunie à celle de Saint-Nazaire.

Son église, dédiée aux saints Pierre et Paul, puis à Notre-Dame, était rattachée à l’ancienne abbaye bénédictine de Villeperdrix. Au 13e siècle, le curé de Gumiane, sans doute trop pauvre, ne payait pas le décime. En 1509, l’église était en piètre état et ne valait guère mieux en 1644, quand la visite épiscopale décrit une paroisse à forte majorité protestante : 20 maisons huguenotes pour 7 catholiques. Il manque 400 tuiles sur le toit de l’édifice qui n’a plus ni chaire, ni confessionnal, ni fonts baptismaux, ni lampe, ni missel.

A partir de 1821, la commune dut soutenir un long procès contre la famille Moreton-Chabrillan qui revendiquait la propriété exclusive de la forêt d’Angèle où les habitants avaient l’habitude de couper leur bois. En 1830, la commune se vit attribuer les 2/5 de la forêt, composée de fayards et de sapins (ces derniers ont disparu depuis) aux quartiers de l’Enclause et de la Créma.

Réduite aujourd’hui à une population modeste, Gumiane bénéficie pourtant de deux atouts non négligeables. Le premier est sa situation privilégiée entre la vallée de la Roanne, le Pays de la Motte-Chalancon et le Pays de Bourdeaux. Le deuxième est un climat vivifiant, né de son altitude. Aussi, comme l’écrivait Emilien Blain en 1975 : « le site est accueillant, l’air y est très pur, les sources abondantes et la commune est bien desservie sur le plan routier. Il devrait y avoir des possibilités d’extension ».

 

 

 

 

 

 

Superficie : 892 ha

 

Population

1990: 41

1982: 43

1856: 196 (maxi)

 

Résidences principales: 12

Résidences secondaires: 8

 

Superficie agricole (1988) : 394 ha

 

Terres labourables : 33 ha (céréi 8 ha)

 

Superficie toujours en herbe : 360 hi Elevages (1988) : 100 chèvres, 394

Activité : bar tabac

 

 

 

(1)  Montagne d'Angèle : accès par le Col Lescou ou par le col de Chaudebonne - au sud, grande pelouse avec troupeaux de moutons l'été - de la crête, troisième sommet des Baronnies pour l'altitude, vue étendue des Cévennes aux Alpes.

(2)  Basse Gumiane : cimetière, site de l'ancienne église paroissiale - sa cloche de 1763 est conservée à la mairie.

(3)  Chef lieu de la commune église reconstruite entre 1844 et 1878, statue de la vierge, deux tableaux, cloche de 1869 , croix de mission avec inscription des capucins de Crest (1879).

 

Les textes sont extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de l'Association Route de la Vallée de la Roanne avec l'autorisation de Jacques Dujet président de l'office du tourisme de la vallée.
Textes de:
Jean-Noël Couriol
Annie Friche
Jacques Barlet
Conception, saisie, maquette du livre:
Histoire et patrimoine Dromois
la Lombardière 26400 Beaufort-sur-Gervanne
04 75 76 43 29

Photographie livre: Jean-Noël Couriol

Photographie site internet: Fabrice Blache
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet

 

Gumiane