Chalancon

Plus de la moitié de la vaste commune de Chalancon appartient au bassin versant de la Roanne, qui se termine au sud par la montagne éponyme du Désert. Son nom contient la racine pré-indo-européenne Kal, le rocher. On peut ainsi imaginer que l’ampleur de l’éperon de calcaire tithonique dominant la combe de la Motte Chalancon avait frappé l’imagination des premiers habitants de la région, avant même l’arrivée des Gaulois. Le territoire de la commune a d’ailleurs livré de nombreux vestiges archéologiques : haches taillées néolithiques à la Combe-de-Chalancon, tessons de céramique de l’âge des métaux dans la grotte de la Tour, établissement gallo-romain au Serre de la Croix...

Au moyen âge, le fief appartenait aux Isoard en 1268, puis aux Monteynard en 1344. Au 17e siècle il passa aux Simiane pour finir, au siècle suivant, entre les mains des Villeneuve-Vence. Vers 1770, ceux-ci firent démanteler le vieux château en récupérant les tuiles, les poutres et les encadrements en pierre, au point que les habitants se plaignaient de la menace des pierres qui tombaient sur le village et qui avaient déjà provoqué des « accidents fatals ».

Son église Saint-Pierre fut donnée par l’évêque de Die, Hugues de Romans, aux chanoines de Saint-Ruf de Valence vers 1080. C’était un établissement important, qui était desservi par trois prêtres résidents et dont dépendait J’église Saint-Ariès de la Motte. Elle était pourtant fort délabrée en 1644; il est vrai qu’à cette date les réformés représentaient 50 familles sur un total de 80. En 1866, ils avaient toujours la majorité : 261 protestants habitaient la commune contre 191 catholiques.

Le 10 janvier 1720, à 10 h du soir, un terrible éboulement emporta l’église et la moitié du village. La nouvelle agglomération fut reconstruite à J’emplacement actuel.

A la veille de la Révolution, les habitants affirment que « les 9/10e du territoire est stérile, ingrat, et ne produit que des ronces ». Le seigneur est propriétaire des meilleures terres en neuf domaines « qui occupent 14 charrues ». Ils admettent quand même posséder 20 paires de boeufs, 50 mulets, cultiver du blé, des fruits, de la vigne, des choux et des pommes de terre, et entretenir « quelques fabriques de laine ».

Les recensements du 19e siècle décrivent un village peuplé d’environ 70 personnes, parmi lesquelles figurent, en 1836, deux aubergistes, un meunier, deux maçons, un menuisier, deux cordonniers, deux tailleuses, trois tisserands et un maréchal ferrant. En 1872, 90 exploitations agricoles se partagent 50 bœufs, 700 brebis, 200 chèvres, 75 cochons et 200 ruches.

Cette belle prospérité disparaît peu à peu avec la désertification du Diois : en cent ans la population de la commune a été divisée par quatre ! Elle s’est aujourd’hui stabilisée autour de 80 personnes dont, en 1990, 30 actifs vivant essentiellement de l’élevage.


 

Superficie : 3600 ha

Population

1990: 81

1982: 76

1831: 557 (maxi)

 

Résidences principales 31 secondaires 16

 

Superficie agricole 254 ha polyculture, lavande 265 ha ONF 2400 ha toujours en herbe

 

Elevages : ovins (1100) chèvres (100) bovins (100)

alti-surface (privée)

 

 

 

 

 

(1)  Montagne du Désert qui a (peut être) donné son nom à la région.

(2)  Gouffre des Bornes : trois puits jusqu'à 65 m.

(3)  Rocher de Chalancon : point culminant à 1025 m, vue sur la cuvette de la Motte Chalancon falaise haute de 150 m tour de guet.

(4)  Pas de l'Echelle : défilé, cascade, source abondante captée en 1966 pour alimenter la Motte -Chalancon.

(5)  Quartiers de la Rivière et du Moulin : énorme bloc de rocher, celui là même qui aurait détruit l'église en 1720. Ancien moulin, vieux pont.

(6) Ancien château, cité dès 1244, établi sur une vire commandant l'ancien chemin qui évitait le Pas de l'Echelle tour ronde haute de 12 m bases de murs avec meurtrière verticale dans la falaise, énigmatique muraille avec arche bien appareillée.

(7)  Village de Chalancon : site, vue, vieilles maisons temple protestant église Saint Pierre, reconstruite après l'éboulement de 1720, date gravée au dessus de la porte (1722), chaire en noyer datée (1652) et ornée des armoiries des Philibert, clocher peigne en tuf, cloche de 1895 deux cimetières, l'un pour les catholiques, l'autre pour les protestants.

(8)  Saint Jean : emplacement du prieuré des Vigneaux, dépendant des hospitaliers et supprimé à la fin du 15e siècle à proximité, source des Templiers.

Pour en savoir plus. Abbé L. VAN DAMME, René LAUDET..

 

 

 

Les textes sont extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de l'Association Route de la Vallée de la Roanne avec l'autorisation de Jacques Dujet président de l'office du tourisme de la vallée.
Textes de:
Jean-Noël Couriol
Annie Friche
Jacques Barlet
Conception, saisie, maquette du livre:
Histoire et patrimoine Dromois
la Lombardière 26400 Beaufort-sur-Gervanne
04 75 76 43 29
Photographie: Jean-Noël Couriol
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet