Au centre d’un pays où dominent, entre les espaces reboisés, les roches nues et les broussailles, Pradelle fait figure d’oasis. Son nom lui vient des prairies piquetées de peupliers qui encadrent la Roanne et qu’explique la géologie. Entre deux goulets, l’érosion a remblayé le fond de la vallée que tapissent des alluvions récentes. Le village lui-même s’est installé sur un splendide cône de déjection.

Cette relative exubérance ne doit pas faire illusion. Tout le restant de la commune, à l’exception du fond de la vallée de la Courance, n’est que mauvaises terres, pentes raides et ravins profonds. « Ce ne sont que des mamelons ravinés et jaunâtres, recouverts d’une végétation grise et pelée » écrivait Raoul Blanchard en 1911. Le tiers du territoire de Pradelle, 450 hectares, appartient à l’Etat et l’Office National des forêts y a planté des pins noirs.

Au moyen âge, le chef-lieu du terroir était perché au-dessus du village actuel, à 900 m d’altitude, sur la pointe d’Auribel (aujourd’hui le Ribal), littéralement « l’endroit bien venté ». En 1178 et en 1244, l’empereur d’Allemagne en confirma la possession à l’évêque de Die, et son château était qualifié de « vieux » en 1509. A ses côtés, à l’abri de la bise, s’élevaient un village et une église dédiée à Saint Pierre, encore debout au 18e siècle. De cet ensemble, il ne subsiste aujourd’hui que quelques tas de pierres.

 

La ferme des Bourichons au loin en face de Pradelle

Auribel formait une seule communauté avec Brette, mais se divisait en deux paroisses. Celle de Pradelle était le centre d’un fief appartenant à l’origine aux Artaud, seigneurs d’Aix, puis aux d’Eurre et finalement aux Vesc. Celle des Gleyzoles (« la petite église ») eut une existence éphémère, au cours du 16e siècle. En 1644, son église Saint-Vincent était abandonnée, la nef ruinée depuis longtemps et le choeur, couvert d’une voûte en tuf, en train de s’écrouler.

 

A cette même date, on dénombrait sur les deux paroisses 16 familles catholiques et 21 protestantes. Cette proportion devait fortement évoluer par la suite : en 1866 les protestants n’étaient plus que 15 sur une population totale de 170 habitants.

 

Le village vue de la route

Pradelle, qui ne devient commune à part entière qu’en 1804, réapparaît dans la chronique à la fin du 19e siècle, lorsque le célèbre architecte Bossan dresse gratuitement les plans de la nouvelle église, inaugurée en 1876.

Aujourd’hui, Pradelle mène une existence paisible consacrée à l’élevage du petit bétail et à la culture de la lavande. Le passage de la route provoque une modeste animation estivale. Mais les pêcheurs et les amateurs de baignade connaissent bien les gours secrets de la Roanne, et les adeptes du canyonning les redoutables gorges du Pas de la Mort.

Superficie : 1292 ha

Population

1990: 30

1982: 38

1836: 225 (maxi)

Résidences principales: 10

Résidences secondaires: 6

Superficie agricole : 238 ha Labours : 23 ha Surface toujours en herbe 214 ha Lavadin: 4 ha Elevage : chèvres (60) et ovins (150)

Activité: un restaurant

 

(1)  Gorges de l'Escharis site. baignade.

(2)  Hameau des Gleyzolles : emplacement d'un, église disparue bruns encadrements, bateau a,,, arc en accolade.

(3)  Grottes des Sadoux : découvertes de vestiges chasser,, (4000 ans av. J. C.).

(4)  Chapelle des Sadoux (commun, de la Chaudière) : statue n bois de Suint François, Régis apparitions ariales en 1848.

(5)   Le Ribal : ferme perchée, site d'un château et d’une église aujourd'hui disparus tracesd’un donjon roman carré.

(6)  Pradelle :vieilles maisons, plusieurs linteaux datés église de 1876 (elle coûta 5 250 F), construit, pur Pierre Bossan architecte de lbasiliqua de Fourvière à Lyon, façade. contreforts en pierre de taille, cloche de 1875.

 

Pour en savoir plus. Emilien BLAIN et Gérard DOUBLE: Pradelle, dans le Solaure, janv. 1975, p. 14 17.

Les textes sont extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de l'Association Route de la Vallée de la Roanne avec l'autorisation de Jacques Dujet président de l'office du tourisme de la vallée.
Textes de:
Jean-Noël Couriol
Annie Friche
Jacques Barlet
Conception, saisie, maquette du livre:
Histoire et patrimoine Dromois
la Lombardière 26400 Beaufort-sur-Gervanne
04 75 76 43 29
Photographie livre: Jean-Noël Couriol

Photographie site internet: Fabrice Blache
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet

Au centre d’un pays où dominent, entre les espaces reboisés, les roches nues et les broussailles, Pradelle fait figure d’oasis. Son nom lui vient des prairies piquetées de peupliers qui encadrent la Roanne et qu’explique la géologie. Entre deux goulets, l’érosion a remblayé le fond de la vallée que tapissent des alluvions récentes. Le village lui-même s’est installé sur un splendide cône de déjection.

Photo prise des Bourichons

Hotel des Voyageurs

Pradelle