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Rimon-et-Savel

Face à Couspeau, la commune de Rimon-et-Savel occupe un adret bien ensoleillé, étonnant par sa forte dénivellation : la petite route ouverte en 1899 grimpe de 600 mètres en huit lacets. Son curieux appendice rappelle peut-être l’époque où un chemin muletier de Saillans à Luc, utilisé par les commerçants et les troupeaux, passait par Saint-Benoît et le col du Royer.

L’habitat s’y est fixé sur deux replats. Celui du bas, autour de Savel, dont le nom rappelle la présence d’une carrière de sable, était occupé dès l’époque romaine, comme l’atteste la découverte de tuiles à rebord. Au moyen âge, son prieuré bénédictin, l’église-mère du terroir, dépendait de Saint-Maurice de Die.

Celui du haut, autour de Rimon, avait une église dédiée à saint Marcel, souvent honoré sur les sites perchés du Diois. Son castrum, cité dès 1251 comme appartenant à l’évêque de Die, était un véritable nid d’aigle. Son nom Ricomonte en 1450, contient la racine germanique ric, le riche, le puissant, et évoque sa situation privilégiée de lieu d’observation, face au château de Barry à Vercheny, tenu par les Poitiers.

Les deux paroisses ne formaient pourtant qu’une communauté et encore rattachée à celle de Saint-Benoît. Elle fut peu touchée par la réforme : en 1644, elle comptait 21 familles catholiques et seulement 5 protestantes. Le cimetière servait pour les deux religions et le prieur prenait un agneau sur douze et deux gerbes sur treize.

A la veille de la Révolution, Rimon groupe dix familles et seulement trois habitants savent signer leur nom. Selon eux, le sol est pierreux, entrecoupé de ravins d’une largeur et d’une profondeur étonnantes. Il ne donne que du froment, du seigle et du mauvais vin. Les habitants se nourrissent de « mauvais pain d’épeautre et de pommes de terre, ce qui est la nourriture ordinaire des cochons dans presque tout endroit de la province ». Le cheptel se réduit à un boeuf, quatre mulets, soixante moutons et quelques chèvres.

Sous la Révolution, deux communes furent créées, réunies dès l’an XI en une seule qui atteint 212 habitants en 1820, dont 48 pour Savel, et 228 en 1866 dont 205 catholiques et 23 protestants.

C’est seulement près de nous que Rimon réapparaît dans la chronique, pour son école fermée en 1975 et qui ne put être réouverte malgré les efforts de la population, puis pour la bénédiction de son église rénovée par Mgr Marchand, évêque de Valence, en 1992.

Sa population s’est aujourd’hui stabilisée, et on peut espérer, sinon un ample développement, tout au moins une nouvelle animation née du passage traditionnel... en attendant un nouvel itinéraire, qui ne fait pas l’unanimité, vers Aurel ?


 

 

Superficie : 1231 ha

 

Population :

1995 : 31

1990 : 26

1982 : 26

1861 : 244 (maxi)

 

Résidences principales : 12

Résidences secondaires : 11

 

Superficie  agricole : 326 ha

Labours : 35 ha

Lavandin : 5 ha

Surface toujours en herbe : 291 ha

Elevage de moutons

Activité : relais équestre

 

(1)    Route ouverte entre 1876 et 1899, vue sur l'Aiguille.

(2)    Col du Rayer : vue étendue (le Ventoux, le Mont Gerbier-de-Jouc, le Vercors).

(3)    La Tour : emplacement du château de Rimom, Chateau de Beauregard (carte de Cassini, 1773), marches taillées dans le rocher, voûte effondrée, vue sur la combe de Vercheny, la vallée de la Drôme, la vallée de la Roanne.

(4)    Hameau de Rimon : église et cimetière, cloche de 1855- linteaux datés (1785, 1816. 1822)- linteaux décorés de cœurs- linteau décoré d'une spirale- inscription "école laïque".

(5)    Hameau de Savel : chapelle du 19e siècle, linteau de 1887, cloche de 1885- ancienne église inachevée, transformée en résidence privée, arc brisé, fenêtre avec me trilobé (14e siècle)- croix de 1890- fontaine-lavoir de 1860.

 

 

Les textes sont extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de l'Association Route de la Vallée de la Roanne avec l'autorisation de Jacques Dujet président de l'office du tourisme de la vallée.
Textes de:
Jean-Noël Couriol
Annie Friche
Jacques Barlet
Conception, saisie, maquette du livre:
Histoire et patrimoine Dromois
la Lombardière 26400 Beaufort-sur-Gervanne
04 75 76 43 29

Photographie livre: Jean-Noël Couriol

Photographie site internet: Fabrice Blache
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet