La commune de Saint-Benoît, devenue Saint-Benoît-en-Diois en 1936, occupe au nord le premier élargissement notoire de la vallée. Elle déborde quelque peu sur la rive droite, mais la plus grande partie de son territoire s’étend sur l’autre rive.La rivière, fortement encaissée, perce à plusieurs reprises la couche de calcaire tithonique, multipliant les phénomènes géologiques : méandres, cluses, crêts, griffures de l’érosion.... Les auteurs anciens mentionnent même une source intermittente qui coulait plus abondamment à 8 h et 11 h du matin !

L’histoire de Saint-Benoît commence en 1145, lorsqu’un membre de la famille Arnaud, celle-là même qui aurait fondé la ville de Crest, se déclara vassal de l’évêque de Die pour les biens qu’il possédait à Betton. En 1201, c’est Silvion de Crest, descendant ou héritier des Arnaud, qui renouvela l’hommage pour Betton et Saint-Benoît.

 

Perché à 860 m d’altitude, mais sur un itinéraire muletier qui conduisait à Saillans par le col du Perrier, Betton était un castrum, un lieu fortifié, avec un prieuré dont l’église était dédiée à Notre-Dame. Au milieu du l7e siècle, il n’en restait déjà que des ruines.

Le village de Saint-Benoît, magnifiquement situé sur sa crête qui commandait un gué sur la Roanne, dépendait lui aussi des évêques de Die. Vers 1500, il passa à la famille Poisieu et, en 1539, aux Grammont dont les terres furent érigées en marquisat en 1653.Saint-Benoît n’échappa pas aux guerres de religion (son château fut assiégé et pris par les protestants en novembre 1574), mais resta fidèle à l’église romaine. En 1644, la paroisse comptait 35 familles catholiques et une seule huguenote. Deux cents ans plus tard, les protestants n’étaient toujours que 17 et les catholiques 150.

A la veille de la Révolution, les habitants de Saint-Benoît, qui forment une seule communauté avec ceux de Rimon, se plaignent de la stérilité de leur sol. Il faut que quatre ou cinq hommes suivent la charrue pour piocher derrière elle un terrain rocheux et ils mangent des pommes de terre, nourriture normalement réservée aux cochons ! Ils avouent pourtant posséder six trenteniers de bêtes à laine, cultiver la vigne et occuper les hivers à carder et filer la laine pour des fabricants de Saillans et de Pontaix. Au milieu du 19e siècle, la commune, qui compte près de deux cents habitants, produit des « noix, du seigle et de l’avoine ».Aujourd’hui le spectacle du village de Saint-Benoît, étiré sur sa crête, ravit de plaisir les milliers d’automobilistes qui suivent le CD 135. Les plus attentifs ne manquent pas de remarquer l’importance que prend désormais la vigne, en appellation contrôlée « Clairette de Die », dans ce paysage minéral : sa superficie a doublé en moins de dix ans.

Superficie : 1117 ha

 

Population :

1990: 29

1982 : 30

1831 : 218

 

Résidences principales : 10

Résidences secondaires : 8

 

Superficie agricole (1988) : 126 ha

Terres labourable :21 ha

Fourrages : 15 ha

Vigne :14 ha

Supeficie toujours en herbe : 94 h

Elevage : 11 000 dindes (1995)

 

(1)  Les Raillasses : source abondante, route taillée dans la falaise.

(2)  L'Aiguille (783 un) : faite de calcaire tithonique redressée à la verticale- à sa base, roches plissées.

(3)  Quartier des Beaumes, vallée encaissée de la Roanne.

(4)  Betton : site d'un château eu d'un prieuré aujourd'hui disparus.

(5)   Village crête de Saint-Benoît : site classé – église (inscrite aux Monuments Historiques) avec un curieux porche colonnes frustes, cloche de 1864 avec 35 effigies de saints- cimetière perché. Cimetière perché, croix de mission de 1893 – village-rue, nombreux linteau décorés et datés (18e siècle), lavoir-fontaine de 1877- emplacement du château, traces de murailles.

Les textes sont extraits du livre "Le Pays de la Roanne" de l'Association Route de la Vallée de la Roanne avec l'autorisation de Jacques Dujet président de l'office du tourisme de la vallée.
Textes de:
Jean-Noël Couriol
Annie Friche
Jacques Barlet
Conception, saisie, maquette du livre:
Histoire et patrimoine Dromois
la Lombardière 26400 Beaufort-sur-Gervanne
04 75 76 43 29
Photographie livre: Jean-Noël Couriol

Photographie site internet: Fabrice Blache
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet

Saint-Benoît-en-Diois